Projets

Sanctionner en Suisse – un matériel statistique de base et son analyse

L’objectif de ce projet est la mise en forme et la représentation graphique de toutes les données statistiques disponibles sur les manières de sanctionner en Suisse, de 1800 à nos jours. Une attention particulière est prêtée à l’interprétation socio-historique des tendances observées en matière de prononcés des sanctions.

L’Office fédéral de la statistique a mis en ligne, dans le portail Statistique suisse, en 2007, toutes les publications disponibles sur les condamnations pénales prononcées entre 1946 et 1985, travail réalisé par D. Fink. Il est prévu de continuer la publication en ligne de toutes les autres publications découvertes depuis lors, d’harmoniser toutes les données et de représenter de manière graphique les résultats, tant à l'aide de publications qu'ultérieurement sous forme de banque de données, accessible sur le site de gefo.ch.

Le projet doit également permettre de publier des données sur les manières de sanctionner provenant des cantons, ce qui permettra des contrôles croisés. Les premiers cantons à devoir faire l’objet d’une publication sont ceux de GE, VD, NE, BS-BL et ZH.

Une première vue d’ensemble sur la thématique des sanctions a été rédigée par D. Fink dans une publication mise en page et illustrée par P. Schulthess, intitulée Du boulet au bracelet, publiée en 2009 par l’Office fédéral de la statistique.

D’autres résultats sont publiés dans l’ouvrage, en langue allemande, intitulé Strafrecht, Freiheitsentzug, Gefängnis (Droit pénal, privation de liberté, prisons), édité par D. Fink et P. Schulthess, publié conjointement par les Editions Stämpfli et gefo.ch, et diffusé depuis mars 2015.

D. Fink a entrepris un étude d'ensemble des révisions des lois et dispositions pénales; il a ensuite analysé tout le matériel statistique disponible relatif à leur application. L'ouvrage, édité par les PPUR, est intitulé La prison en Suisse. Un état des lieux. Il est sorti de presse en avril 2017.

En juillet 2017, D. Fink a actualisé tous les graphiques de la publication Du boulet au bracelet sous forme d'un document imprimé, diffusé sélectivement. Ce document est accessible sur les pages Publication de gefo.ch.

La revue Plädoyer publie (no. 5/17, septembre 2017) une contribution évaluative de la pratique de sanctionner en Suisse depuis 2007, analysée comparativement aux années précédent la révision du droit des sanctions, sous le titre: Ein wissenschaftliches Lob für die bedingte Geldstrafe. Une version modifiée, centrée sur la Suisse romande, a été publiée dans Plaidoyer au début 2018 (no. 1/18, février 2018). Une analyse portant plus spécifiquement sur le Tessin sera publié en mai en langue italienne.

En mai 2018 paraît, en langue allemande, l'ouvrage de Daniel Fink Freiheitsentzug in der Schweiz, texte revue et élargie par rapport à sa version française.  

Privation de liberté – un matériel statistique de base

L’objectif de ce projet est la mise en forme et la représentation graphique de toutes les données disponibles sur les établissements pénitentiaires, les places de détention et la population pénitentiaire.

L’Office fédéral de la statistique a mis en ligne, dans le portail Statistique suisse, en 2007, l’ensemble des inventaires des établissements de privation de liberté, réalisés entre 1890 et 2007, avec un commentaire de D. Fink et une exploitation statistique de ces inventaires. Sur une autre page du portail, toutes les publications relatives aux données de la population pénitentiaire, avec des chiffres sur les incarcérations, les libérations et les effectifs, ont été mises en ligne.

De nouveaux résultats de ce projet statistique ont été publiés dans l’ouvrage, en langue allemande, intitulé Strafrecht, Freiheitsentzug, Gefängnis (Droit pénal, privation de liberté, prisons), édité par D. Fink et P. Schulthess, publié conjointement par les éditions Stämpfli et gefo.ch, et diffusé en mars 2015.

Le premier chapitre de l'ouvrage de D. Fink, La prison en Suisse. Un état des lieux (PPUR, 2017) comprend une analyse synthétique des changements du système pénitentiaire suisse des années 1990 à 2015. L'ouvrage offre de plus un survol des populations pour chaque forme de privation de liberté.

Une étude en préparation va porter sur le système carcéral du canton de Vaud qui n'a connu pas moins de 48 établissements entre 1803 et 2017. Il est prévu de décrire tous les établissements, de faire ressortir leur caractéristiques en termes d'architecture, de fonctionnement et de destin, la grande majorité ayant été converti en centre culturel, bâtiments communaux, en musées et autres structures. A ce denier sujet, on peut mentionner l'article de D. Fink sur Le patrimoine carcéral en Suisse, son émergence et ses formes, publié dans la Criminocorpus.

Les anciennes prisons et ce qu'il en est advenu

Pénitencier cantonal à Sion. Aujourd'hui espaces d'exposition des Musées cantonaux du Valais. Image D. Fink

L'objectif de ce projet est la description de la conservation du bâti et de l'usage actuel de tous les bâtiments conservés en Suisse qui ont servi comme prison. L'attention particulière de ce projet porte sur l'aspect du patrimoine carcéral, soit du bâtiment dans son ensemble, soit des aménagements à l'intérieur pour les équipements qui n'auraient que partiellement servi comme lieu de privation de liberté. On s'intéressera aussi à rapporter les actuelles fonctions, souvent multiples, de ces lieux - comme musée, lieu d'exposition, centre culturel, espaces pour la jeunesse, maison des associations, bibliothèque, hôtel, à côté d'autres - et l'activité des offices du patrimoine y relatives. Ce projet est en quelque sorte l'envers de l'inventaire et la description des la modernisation complète et continue du système carcéral suisse, au centre duquel se situe la question de l'architecture carcérale.

En ce moment l'attention s'est portée sur l'inventaire des pénitenciers et prisons réalisé par Hartmann/Gohl en 1895, dans lequel sont répertoriés quelques 200 établissements de privation de liberté. Il s'agit d'exploiter et d'analyser statistiquement les types d'établissement, leur état et âge ainsi que le type de construction et leur caractéristiques. Etant donné que la quasi totalité de ces bâtiments ne sont plus en fonction comme lieu de détention, on cherche à faire l'inventaire des nouveaux usages des lieux.

Les premiers résultats de ce projet ont été publié sous la forme d'un article sous le titre: Le patrimoine carcéral de la Suisse: son émergence et ses formes dans la Revue d'histoire pénitentiaire - voir le site web criminocorpus.hypothèses.org.

Une autre contribution a paru sous le titre Prison, architecture pénitentiaire et patrimoine carcéral en Suisse dans la revue a+a Art et Architecture en Suisse (no. 3, 2017, septembre 2017; Ed. SHAS).

D'autres réflexions doviient paraître sous le titre Qu'est-ce que le patrimoine carcéral? Le cas de la Suisse.

La photographie pénitentiaire en Suisse

Pénitencier cantonal de Lenzburg, 1863. Une des premières photographies d'une prison de Suisse. Photographe inconnu.

Les institutions totales, comme les prisons et les établissements pénitentiaires, connaissent depuis toujours un rapport ambivalent à la photographie. D’un côté, elles s’opposent à la photographie pour des raisons de sécurité, pour des raisons de protection des personnes et pour la préservation de l’anonymat du personnel, à côté d’autres motifs. De l’autre, les directions de ces institutions manifestent toujours un intérêt (particulier) pour une représentation quelque peu enjolivée de la vie en détention. Les photographes connaissent également un rapport ambivalent avec ces institutions, en se soumettant plus ou moins volontairement aux restrictions qui leur sont imposées et en adoptant une attitude, soit neutre, soit critique (contre le rigorisme dans la gestion des prisons ou contre le laxisme du système des prisons).

L’objectif de ce projet est de rassembler des représentations de tout genre, essentiellement des photographies, sur l’ensemble des bâtiments et établissements ayant servi à la privation de liberté en Suisse, de les situer historiquement et de les analyser. Cette activité d’inventorisation des travaux photographiques et documentaires accompagne l’analyse statistique de la privation de liberté et l’analyse du paysage carcéral.

Une première publication sur la thématique est en préparation.